23 juillet 2005
Embouteillages à Paris
De mémoire de parisien, je n’ai jamais vu autant d’embouteillages que ces dernières années. Entre les sens des rues chamboulés, transformées en bourbier dont les voitures peinent à s’extirper et les couloirs de bus, il faut dire que la Mairie de Paris s’est lancée dans une réelle chasse à l’auto. L’objectif est simple : il faut dégoûter l’automobiliste en lui rendant la vie impossible pour diminuer la pollution dans la capitale. Malheureusement, si l’objectif de réduire la circulation à cette fin est plus que louable, les actions entreprises par la Mairie passent à côté des mesures essentielles – d’où l’obtention aujourd’hui d’un véritable capharnaüm.
Après quelques années, 3 constats s’imposent :
1/ La vie est effectivement devenue un enfer pour les conducteurs sans cesse coincés dans les bouchons à toute heure… elle l’est également devenue pour les voies respiratoires des piétons contraints de marcher le long des avenues.
2/ Le Maire de Paris, Bertrand Delanoë, n’a de cesse de répéter que la pollution a diminué, mais il n’y a jamais eu autant de pics de pollution. Rien qu’en 2005, à seulement la moitié de l’année, il y a déjà plus de pics de pollution (indice 7-8, le maximum atteint) que toute l’année 2004 et quasi autant de journée à 8 qu’en 2003 en pleine canicule.

3/ Le bilan déplacement 2004 de la Mairie de Paris annonce une diminution de 3% de la circulation sur le réseau instrumenté (comptages). Non seulement ce chiffre n’a rien de transcendant, mais il faut l’analyser dans ses détails : si le nombre de voitures particulières a diminué (-4,5% en 3 ans), celui des véhicules utilitaires a augmenté (+3% en 3 ans); or, ce sont des véhicules circulant beaucoup sur de courtes distances, soit proportionnellement les déplacements les plus polluants qui soient. De plus, il convient d’observer de plus près les méthodes de comptage. Ils sont réalisés massivement le long des grands axes au détriment des petites rues (généralement un tuyau noir coupant la rue et enregistrant les passages de véhicules ; il est sensible au poids et différencie ainsi grosso modo les catégories de véhicules) et il n’est pas régulier. Cela interdit tout suivi et il est donc impossible de démontrer une quelconque évolution de la circulation dans le temps. Pourtant, au vu des bouchons sur les grands axes, il est plus que probable que les voitures tentent leur chance dans les petites rues. Se contenter de mesurer la circulation dans les grandes avenues est donc une aberration.
Pourquoi un tel échec ? Parce que réduire le nombre de voitures passe par une augmentation des capacités et de la qualité des transports en commun. Vous ne pouvez pas décemment obliger des conducteurs pas très motivés à lâcher leur véhicule s’ils n’ont pas d’alternatives. Or, aux heures de pointe (et même au-delà), les transports en commun sont déjà bondés et exploités à pleine capacité. Il est impensable d’imaginer transporter des milliers de gens en plus.
C’est une évidence que la Mairie semble avoir totalement zappée. Car quelques couloirs de bus sans augmenter le nombre de véhicules (remarquez, il n’y a aucune augmentation du nombre d’usagers dans les bus depuis ces dernières années), des places de parking en moins et des sens uniques à tout va (coinçant les voitures dans certaines rues autrefois tranquilles car ces circuits sont souvent très mal conçus) ne résolvent pas le problème… Par contre :
- Il n’y a pas une seule nouvelle ligne de bus ou de métro (notamment pour combler l’absence d’un réseau transverse tant réclamé en banlieue). Nous avons eu droit à juste UN tramway coûtant à lui tout seul une fortune : 311.51 millions d’euros financés par la mairie de paris, l’Etat, la RATP et la Région Ile de France pour simplement remplacer une ligne de bus (en augmentant certes un peu la capacité) ! Pour info, ce budget équivaut au coût d’environ 1900 bus, quand Paris intramuros compte un parc de 1347 bus (Bilan des déplacement 2004). Un investissement difficilement justifiable au vu de l’urgence à améliorer ou créer des lignes ailleurs.
- Il n’y a même pas eu un renforcement de lignes existantes ou des lignes circulant la nuit, n’offrant d’autres alternatives que d’utiliser une voiture la nuit.
- Il n’y a quasiment eu aucun investissement dans les infrastructures existantes devenant de plus en plus vétustes. Par contre, pour repeindre des stations, pas de problème – mais pendant ce temps là, des milliers d’usagers comme ceux du RER D doivent régulièrement avoir recours aux navettes de remplacement car les avaries sont fréquentes.
Quant au STIF (Syndicat des transports d'Ile-de-France), assurant l'équilibre financier du fonctionnement des transports publics, sa gestion est catastrophique, ses représentants se faisant la guerre en interne. Toute décision est donc bloquée tant que le problème n’est pas résolu.
A défaut de proposer des transports, la mairie aurait pu au moins adopter des mesures incitatives. Mais à part conseiller le covoiturage et éviter l’achat de grosses voitures, je n’ai guère entendu de mesures convaincantes. Pourtant, il y a de quoi faire :
Inciter au covoiturage en autorisant l’usage des voies de bus pour les voitures avec 3 passagers (2 est trop fréquent et entraînerait des bouchons)
Lancer des campagnes publicitaires pour inciter les automobilistes à adopter une conduite souple (pas d’accélération brusque, freinage en douceur)
Amende systématique aux pollueurs, à TOUS les pollueurs (donc, y compris camions et cars épargnés à l’heure actuelle et pourtant souvent à l’origine d’émanations noires) : tolérance zéro
Mise en œuvre immédiate d’une taxe proportionnelle à la fois au nombre de chevaux et au taux d’émissions des véhicules (quelques idées dans ce sens ont été émises sans suite)
Camions poubelles électriques
Parc automobile de la Mairie de Paris électrique
Lourdes taxes pour les grosses voitures de fonction (type berlines) sauf cas exceptionnel où la taille importante du véhicule est justifiée.
Amende pour les pneus sous gonflés (surconsommation de carburant et accroissement des risques d’accidents)
Amendes (tolérance zéro) en cas de dépassement de vitesse
Abaissement conséquent des impôts en cas d’achat d’un véhicule électrique (condition : se débarrasser de son ancien véhicule), y compris les scooters (attention au choix de la batterie, celle-ci peut s’avérer très difficile à recycler).
Analyser l’utilité éventuelle de développer un covoiturage « public » (service gratuit de mise en relation des usagers) ; jusqu’à présent, tous ces services sont à caractère privé ou associatif.
Sources :
- Historique de l’indice ATMO (qualité de l’air), Airparif
- Coût d’un bus standard, magazine Le Point
- Bilan des déplacements 2004, site de la Mairie de Paris
- Conduite souple, site de l'ADEME
- Base de données des incidents de RER
- Clean auto, site des transports propres et non polluants
18:35 Publié dans Développement Durable, Environnement, Politique, Propositions concrètes | Lien permanent | Commentaires (29) | Envoyer cette note




Commentaires
Oui mais là les embouteillages estivals de paris sont exceptionnels de tres nombreux travaux sur la chaussée sont lancés. Paris s'est un peu vidé or, le creux est bien entre le 14 juillet et le 15 août. Avant et après c'est impossible.
Après la mairie elle ne peut pas tout (de droite comme de gauche!). Je suis pas sûre que vilipender pour l'art soit constructif. Par contre tu as la fibre militante pourquoi ne pas rejoindre un conseil de quartier? Une association locale ??
Les 4x4 immatriculé 75, 92 ...ca me fait rire.
Les parisiens qui ne veulent pas prendre de vélo parce que "en costume cravate" ca craint . Bah non,je vois des "costumes cravates-sacoche" passer sous mes fenetres en vélo trop minoritaires.
Après les pistes cyclables elles sont où elle peuvent être implantées.
Je reste perplexes de tous ces parisiens qui sortent le soir mais prennent leur voiture et pas le métro. Des RER et rain qui s'arretent trop tôt ou dont les intervals sont trop espacés hors heures de pointes.
Un point négatif pourquoila RATP ne fait pas des bus jusq'à 23H dans la capitale plus de bus après 20h ou 21H...... et nous voulons acueillir les touristes ???
Écrit par : Marie | 26 juillet 2005
Petite précision sur les bouchons de Paris: je ne visais pas la période estivale, je parlais d'une manière générale. De plus, c'est une tradition d'avoir des travaux l'été, cela n'a rien de nouveau. Donc l'année 2005 n'est en rien exceptionnelle. Pourtant, trop de pics de pollution ont déjà été enregistrés.
Pour ce qui est de ma fibre militante, j'ai déjà fait partie d'un Conseil de Quartier, j'ai été dégoûtée par le système: les objectifs étaient louables mais ils ont été largement détournés par la suite. A mon sens, les associations de quartier ou les blogs d'arrondissement (celui auquel je participe atteint les 20.000 lecteurs par mois) ont non seulement plus de légitimité, mais aussi plus de poids que des Conseils de Quartier où ne se rendent qu'une poignée de gens!
Pour en revenir à votre commentaire sur le réseau de nuit, c'est quelque chose qui n'a de cesse d'être réclamé depuis des années. Mais la réponse est devenue une sempiternelle ritournelle "nous n'avons pas les fonds nécessaires". Pourtant, cette demande a précédé le lancement du tram... En fait, les travaux accomplis depuis ces dernières années démontrent que les fonds ne vont pas aux actions prioritaires (absence de réseau, vétusté, capacité largement insuffisante...) mais sont distribués à droite à gauche, probablement vers le politicien qui a fait le plus de lobbying (c'est l'explication la plus logique). Le tram au sud de Paris en est une démonstration irréfutable tandis que les banlieusards désespèrent à l'idée de ne jamais voir naître un réseau transversal totalement inexistant à l'heure actuelle.
Écrit par : Angelie | 27 juillet 2005
Bonjour,
Concernant Paris et la circulation, je reste persuadé que la politique volontariste qui est menée pour rendre Paris difficile "à circuler" portera ses fruits. Si l'amélioration des transports en commun est nécessaire, elle ne peut se faire qu'au détriment des voies de circulation automobiles (Projet des lignes de bus en circuit protégé MOBILIEN) qui ne peuvent se généraliser partout sinon en bloquant des rues entières à la circulation "individuelle". Paris n'a pas été une ville conçue pour les voitures, elle l'est devenue en demandant aux piétons et aux autres habitants de faire des efforts énormes et en sacrifiant des pans de l'histoire de la capitale (les voies sur berges) Mon point de désaccord avec vous concerne plutôt les Conseils de quartiers. Ce sont des espaces qui ont une légitimité réelle (loi Vaillant de 2002) les déserter est une erreur car ils permettent d'ouvrir des débats, d'être lieux de conflits et de rencontres qui obligent à s'ouvrir aux opinions des uns et des autres. De plus, ils permettent à des habitants qui n'ont pas internet d'être tenus au courant des activités du conseil. Un blog n'offre pas cette possibilité, son champ s'adresse à ceux qui sont connectés, et aussi bien fait qu'ils peuvent être, aussi "écoutés", ils n'ont pas de légitimité. Vous dites avoir participé à un conseil de quartier et avoir été dégoûtée par le système mais ce système peut être revu, les Chartes peuvent être contestées, un conseil est une instance jeune qui s'est créee en paralléle de notre vieille démocratie représentative, elle permet à celui qui le désire de ne pas attendre tous les 5 ans pour remplir son devoir de citoyen mais pour être citoyen dans sa ville. Il y a certainement beaucoup à dire sur leur fonctionnement mais aussi beaucoup à apporter.
Écrit par : Yves Ortega | 28 août 2005
Difficile d'apporter de réelles amélioration quand lla Charte permet à la moitié de l'équipe du bureau d'un Conseil d'être reconduite l'année suivante... au grand désarroi des habitants! Et c'est au bureau de changer la Charte...
En fait, le succès d'un conseil ne repose que sur la qualité de l'équipe en place, ce n'est pas une question de fonctionnement. Or, les habitants étant tirés au sort (sachant que dans certaines mairies, les bulletins ne sont pas placés dans une urne et non cachetés, n'importe qui à la mairie peut écarter des gêneurs...), que doit-on préconiser? Le Conseil représente les habitants... depuis quand un tirage au sort est représentatif de la population??? Si M. et Mme Bidochon sont élus, pensez vous que Mme du Château de Trucmuche se sentira bien représentée? C'est un cliché, je sais... mais le décalage sur le terrain est, lui, bien réel.
Alors, doit-on proposer des candidats, organiser une réunion de présentation suivie d'une élection? En pratique, il est impossible de présenter des centaines de candidats: Faut-il alors trier les candidatures? Qui trirait? Et sur quels critères? Là encore, gros hic...
Bref... on tourne en rond. Par contre, je constate que certaines décisions sont prises ici et là en se basant sur la réflexion de 20 personnes dans un conseil pour des projets qui touche un quartier abritant des milliers de gens. Excellente concertation en effet, dont les mairies se servent de plus en plus pour faire valider leurs projets au lieu d'un vrai travail consultatif sur le terrain. La bonne vieille méthode du petit tract annonçant un projet et diffusé dans les boîtes aux lettres et panneaux est nettement plus efficace.
On pourrait pondre un bouquin sur les disfonctionnements des Conseils de Quartier... j'ai cru comprendre que vous en faisiez parti. Tant mieux pour vous si le votre fonctionne, mais c'est loin d'être le cas pour tout le monde. Et majoritairement, pas mal de gens s'accordent à dire qu'ils sont très décevants. La journée de démocratie locale (je crois que "l'expo" était à Bercy) a été un véritable fiasco. Je ne crois pas à ce genre de coïncidence.
Écrit par : Angelie | 29 août 2005
Je partage votre avis sur le fait que le fonctionnement actuel des Conseils n'est pas satisfaisant, mais chaque Conseil a sa propre personnalité et finalement représente assez bien les problèmes du quartier, nous sommes vraiment dans le cas d'école de la démocratie participative. Pour qu'elle puisse vivre, il faut participer, être devant un écran et lire les nouvelles de son quartier, c'est bien mais l'esprit des conseils, c'est de s'investir comme citoyen au quotidien. Dans notre conseil, nous nous posons la question de mettre en place un blog, mais c'est une décision que nous prenons en collectif. Ce n'est jamais simple mais c'est ce qui fait la richesse des conseils, la confrontation, l'ouverture à l'autre. Nous éditons un feuillet d'information dans notre quartier, j'y ai été censuré par l'élu en charge de la démocratie locale. Évidemment je l'ai mal vécu mais j'avais sorti l'article sans le faire valider par le collectif, c'était un point de vue individuel qui pouvait se tenir dans un blog perso mais qui ne pouvait tenir dans une gazette réalisée par le conseil. C'est aussi cela l'apprentissage de la démocratie participative, on n'est pas seul, cela a des inconvénients mais aussi des avantages car un groupe permet de mettre en relation des compétences complémentaires. Il faut avoir un regard aussi sur l'histoire des Conseils, leur légitimité est issue de la démocratie représentative, ce sont les élus qui sont à l'origine de l'instance, sans l'aval de la démocratie représentative, les conseils n'existeraient pas. Or les conseils ont besoin de cette légitimité pour grandir: actuellement, les enjeux sont faibles mais ce n'est pas pour cela qu'il faut laisser passer la chance de poursuivre l'expérience neuve dans notre pays que représente la démocratie participative, c'est pour cela qu'il ne faut pas déserter les conseils, pour permettre un épanouissement de cette nouvelle forme de démocratie.
A coté de cela, je suis d’accord avec vous sur un point : la grande messe des associations et des conseils était un véritable gâchis...
Écrit par : Yves Ortega | 29 août 2005
Automobiliste et parisienne depuis 40 ans, je suis désespérée comme bien d'autre par la "guerre" menée par la municipalité contre nous. La vie à Paris devient insupportable! Comment réagir de façon efficace?
J'aimerais bien y réflechir avec des personnes concernées.
*Pétitions?
*manifestations?
*Klaxons collectifs dès embouteillage?
La guerre à sens unique avec tous les pouvoirs d'un seul coté ce n'est pas acceptable.
Pouvez vous me répondre? Je me sentirais moins impuissante. A bientôt j'espère, bien cordialement, S.A.
Écrit par : avrillier | 24 septembre 2005
Pour ma part, je suis heureux qu'enfin soit menée une courageuse politique de la ville dans notre cité: quel espace est dévolu à l'auto dans Paris aujourd'hui?Regardez une rue: quelle place pour les piétons par rapport à la place réservée aux véhicules? la largeur nécessaire à la circulation dans les deux sens, la largeur pour stationner, quelle place pour les circulations alternatives? Pour la largeur des trottoirs? souvent trop étroits pour des piétons qui ont du mal à faire passer des poussettes pour enfants, coincés par le mobilier automobile (poteaux de signalisation, parcmétres...) Avez-vous réfléchi à la surface de la ville qui est utilisée pour des véhicules sous utilisés, avec un seul utilisateur au volant? Pour ma part, j'ai abandonné mon véhicule il y a plus de dix ans et je circule avec bonheur en vélo dans la capitale (à ce sujet, de plus en plus de Parisiens font de même) Sans même parler de la pollution qu'induit l'utilisation automobile, donc, NON à l'utilisation des véhicules particuliers dans notre ville et OUI au renforcement et à l'investissement dans des transports en communs modernes, réguliers et confortables.
Écrit par : Yves Ortega | 24 septembre 2005
Très bien cet article sur la pollution. Il est la preuve par neuf que la politique anti-bagnoles menée par la ville est un échec patent.
Nous sommes beaucoup à avoir des métiers où la voiture est incontournable, comment aller dans 3 banlieues différentes dans la même journée en transports? Bien sûr la voiture pollue mais alors mettez des transports quand on voit qu'un tramway de 9km coute le prix de 1900 bus!
Une suggestion de provocation, le 8 octobre, le Maire organise l'inauguration de la "nouvelle" rue des Plantes dans le 14ème à 11h, une nouvelle rue version plantes en pot, pistes cyclables et embouteillages. Que diriez-vous que les autos en colère provoquions l'embouteillage du siècle dans la rue à ce moment?
Écrit par : Olivier | 28 septembre 2005
Ce qui est génial avec l'homo automibilus c'est la multiplication de son égo(ïsme) par 10 dès qu'il a les fesses dans sa chaise à porteur. Pollueur atmosphérique par obligation il est également le pollueur sonore de nos villes: raleur, il utilise sans façon le klaxon pour manifester son mécontentement, oubliant les notions de base acquise pour obtenir le précieux permis (et oui, l'avertisseur sonore est interdit en ville!!!).Il serait grand temps de s'en rappeler: il y a des enfants en ville, des bébés dans les crèches, bref, la progéniture de ces mêmes automobilistes qui sont la main sur leur klaxon à la moindre contrariété, il y a même, peut-être, leurs parents qui essaient de trouver un peu de repos dans la journée derrière les volets des immeubles, mais cela l'homo horiblius n'en a cure... Prêt à organiser de lui-même des bouchons de protestation... Je rêve!!!
à quand l'essence à 20€ le litre??? Nous verrions alors s'il y a tant de métier que cela où la sacro-sainte voiture est si indispensable!!!
Écrit par : Yves Ortega | 28 septembre 2005
Bon, je vais y aller de ma petite touche personnelle... Même si j'ai l'intime conviction que quoi qu'on dise, notre charmant Maire n'en a cure...
Sous prétexte de diminuer le traffic automobile, d'énormes travaux se sont lancés pour améliorer nos transports en commun. Que ce soit le tram (dont l'utilité est plus que douteuse, a part pour le show off politique sur le thème des réalisations "C'est moi qui l'ai fait"!!!) ou bien l'élargissement des voies de bus, partout dans Paris la circulation s'est grandement détèrioré. Et grandement est un qualificatif plutôt faible quand on voit qu'on mets 3 à 4 fois plus de temps qu'avant. Rien que ca devrait faire réfléchir notre cher élu sur la véritable portée de son ambition politique... Plus de bouchons equivaut à plus de pollution. Son leitmotiv principal ne serait que de la poudre aux yeux?
Et cela ne tient pas compte non plus de la fatigue nerveuse que nous, usagers ou automobilistes, éprouvont à chaque déplacement.
Je me demande si notre maire est parisien, à mon avis il ne vit pas dans la même ville que nous. Je ne sais pas pour vous, mais je trouve extrèmement frustrant de me faire dicter ma facon de vivre tous les jours par quelqu'un qui ne sait même pas de quoi il parle. Les transports en commun, soit, mais il en faudrait 2 fois plus aux heures de pointe pour qu'on est pas l'impression de rentrer dans une boite de petit pois (et encore, si on est un tantinet agoraphobe comme moi, c'est tout bonnement inenvisageable)... Je ne pense pas qu'il est jamais mis les pieds dedans à 8h du matin quand tout le monde part travailler. Quant à la voiture, peut-être devrait-il s'interresser un peu plus au conditions de circulation avant de paralyser une ville avec des travaux dans tous les quartiers pour des raisons douteuses alors que lui même ne se déplace jamais sans ses 4 motards de police et les 3 voitures de garde rapprochée qui lui ouvre la voie.
Alors quand on ne sait pas ce que c'est que de prendre le metro tous les jours, ou de se taper un bouchon de plusieurs heures pour faire moins de 3 kms, il FAUT eviter de dire aux gens que c'est comme çi ou comme ça qu'ils doivent vivre.
J'aimerai me dire que ce post va servir à quelque chose... Mais ca encore, c'est une utopie!
Écrit par : Thibault | 03 novembre 2005
Thibault
Merci pour votre commentaire. A défaut de vous rassurer, sachez au moins que nous sommes nombreux à partager votre avis, moi la 1ère! Malheureusement, être contre la politique du Maire et son adjoint M.Baupin aujourd'hui, c'est être soi-disant contre l'environnement.
Moi qui aie choisi d'orienter mes études et ma carrière en faveur de la préservation de l'environnement, cela me révolte d'entendre ce genre de propos accusateurs. D'autant qu'il n'y a qu'à constater. La circulation est devenue un enfer, les transports publics sont surchargés (et plus seulement aux heures de pointes) et les transits de banlieusards continuent imperturbablement pour la simple et bonne raison que la politique de la mairie n'a jamais lancé une seule action visant la banlieue.
(A sa décharge, seule, elle ne peut rien sans l'accord de la région, de la sncf et d'un ensemble d'acteurs - rendant donc toute décision difficile).
Bref, il y a énormément à redire, et si les débats vont bon train, c'est peut-être aussi parce que les franciliens ne sont pas aussi naïfs que certains politiques voudraient le faire croire...
Écrit par : Angelie | 03 novembre 2005
J'avoue ne rien comprendre à ce qui se passe dans la tête d'un automobiliste. Vous rallez parce qu'il y a des travaux qui permettent d'améliorer les transports en commun et vous dites dans le même temps que vous ne les prenez pas parce qu'il n'y en a pas assez... Vous, Angèle vous faites des études pour préserver l'environnement et vous ne trouvez pas désastreux d'avoir un seul pékin qui encombre la chaussée avec une masse de plus de 1000Kg minimum pour pouvoir trimballer ses 80kg (et moins si affinités...) Quant à Thibault qui met plusieurs heures pour faire 3km, je ris... car avec un véhicule qui s'appelle "ses jambes" il mettrait certainement moins de temps (faut dire que les automobilistes Parisiens deviennent parfois Marseillais...:-)) Je suis persuadé qu'il y a des solutions bien plus intéressantes que de trimbaler sa carapace autour de soi et quantité de Parisiens l'a bien compris quand on voit le nombre de deux roues qui parcourent maintenant les rues de la capitale. Plus que les embouteillages qui me font une belle jambe (et oui, je pédale...) je suis atterré par les incivilités et les infractions graves au code que je vois ce multiplier et ce en 2 ou en 4 roues...
Écrit par : Yves Ortega | 03 novembre 2005
Voyez Thibault, à lire le commentaire d'Yves, on pourrait croire que ne pas être d'accord est impensable... D'autant que le plus agaçant, Yves, est que vous affirmez des choses que je n'ai jamais dites!!!
(Au passage, je ne suis pas automobiliste, je me fais prêter une voiture exceptionnellement, généralement pour le transport d'objets lourds).
"Vous ralez parce qu'il y a des travaux qui permettent d'améliorer les transports en commun":
Toute la nuance se situe dans votre emploi du verbe "améliorer", car les "améliorations" ne touchent qu'une infime partie des transports PARISIENS. Il est donc faux de parler d'amélioration des transports dans leur ensemble. Surtout que les GROS problèmes sont les échanges banlieue-Paris et Banlieue à banlieue. Sur ce plan, il n'y a rien d'entrepris.
"vous dites (...) que vous ne les prenez pas parce qu'il n'y en a pas assez":
Où diable avez vous lu cela??? Moi aussi je joue les sardines!
"vous ne trouvez pas désastreux d'avoir un seul pékin (...) avec une masse de plus de 1000Kg minimum pour pouvoir trimballer ses 80kg"
Que les choses soient claires: je n'ai jamais défendu les automobilistes... surtout ceux qui vont juste au bureau à bord de leur break, en cotoyant dans la file leur collègue en 4x4... La mairie veut résorber un vrai problème. Je ne la critique pas pour cela. Je déplore uniquement les stratégies extrêmement coûteuses mises en oeuvre pour un résultat médiocre et prévisible dès le départ. Le hic se situe donc à ce niveau. Ne me faites pas dire ce que je n'ai jamais affirmé.
"Quant à Thibault qui met plusieurs heures pour faire 3km, je ris":
Avant de rire ou de critiquer, j'ai la courtoisie de demander à Thibault sa profession. Car entre un médecin, un commercial avec ordinateur et quelques documents en main, un plombier, un taxi et j'en passe, il se peut que ses déplacements, aussi courts soient-ils, l'obligent à circuler en voiture... à moins que ce soit son âge ou un handicap qui l'empêche d'utiliser des transports tellement améliorés qu'ils interdisent pour la plupart leur usage aux handicapés. Si ce n'est pas le cas, alors au lieu de rire, aidons plutôt Thibault à trouver une solution.
J'en profite pour ajouter au passage que vous pouvez toujours diminuer la circulation, vous n'interdirez jamais de multiples professions d'exercer. Ce sont autant de véhicules qui ne disparaitront pas...
Écrit par : Angelie | 04 novembre 2005
Et bien... Que répondre à ça! Je vais redire ce que Angélie a déjà fort bien expliqué. Je ne critique pas le bien fondé d'une politique écologiste (d'ailleurs qui de censé le pourrait, cela reviendrait à dire qu'être malade est une bonne chose!). Je critique notre Maire qui sous prétexte d'une grande cause comme l'écologie sert ses ambitions politique sans ce soucier des habitants de notre région (en effet Paris n'est pas seule concernée, puisque les banlieusards subissent eux aussi les âffres de cette circulation).
Quant à mes heures de bouchons pour ne pas avancer... Je ne sais si vous yves avez la chance de travailler près de chez vous... Mais pour ma part je réside à paris et dois me rendre à quelques 17 kilomètres dans l'Est pour travailler. Pendant un peu plus d'un an j'ai utilisé les transports en communs, mais je suis sujet à de violentes crises d'angoisse lorsque je suis bloqué au milieu d'une foule. Outre le fait que je mettais en moyenne 1 heure de plus par jour pour me rendre à mon lieu de travail (dûs aux multiples changement pour rattraper l'unique ligne de RER qui y mène) je devais le soir laisser passer au moins 4 ou 5 rames de métro pour espérer ne pas arriver chez en lambeaux (et oui, une crise d'angoisse dûe a l'agoraphobie ne passe pas en 2 minutes).
Je pense qu'il serait avisé avant de "rire" d'une situation de s'informer un peu plus, et qui plus est de l'avoir subie au moins quelques fois. C'est sur que si pour vos déplacements vous n'avez besoin que de vos jambes, il est facile de militer pour la politique de Mr Delanoë. Mais c'est un raisonnement à la limite de l'égocentrisme.
Je le répète, nous ne critiquons pas une politique ecologiste, mais la manière "carrieriste" dont elle est menée. Croyez moi, je préfèrerai aller travailler en transport et utiliser ce temps pour lire que de le passer dans ma voiture, mais essayez de lire dans un wagon remplit a craquer de voyageur, ou la seule règle est de jouer des coudes pour ne pas finir écrasé... Vous m'en direz des nouvelles.
Écrit par : Thibault | 04 novembre 2005
Bonjour,
Et bien voilà qui est plus clair, je m’étais fourvoyé sur le thème du BLOG, bien évidemment, en fond, ce n’est pas la circulation qui motive vos écrits mais bien Delanoë qui vous irrite... Soyons transparents, je ne suis pas encarté, je ne connais pas M.Delanoë mais j’ai de la considération pour une politique de changement qui est en rupture avec l’immobilisme qui caractérisait la capitale surtout dans les arrondissements inféodés à l’Hôtel de Ville et où il ne se passait RIEN et surtout pas d’envisager le moindre contact entre élus et habitants.
Question transport, j’habite le XII° et travaille dans le XI° mais j’ai à me déplacer très fréquemment dans toute la capitale. Bien que j’apprécie peu que l’on colle une identité professionnelle à une personne (j’espère qu’un individu est « plus » que cela). Disons que mon métier s’approche de celui du VRP (sans les commissions) et que je vends la « soupe » de mon employeur à des PME Parisiennes et je peux dire que mon vélo me permet d’atteindre bien plus de prospects que les véhicules de mes collègues. Bien sûr, je voyage « léger » un PDA remplaçant parfaitement un portable. J’ai décidé de passer au vélo il y a trois ans ; lors de la canicule, mon lieu de travail était St Ouen, et pour avoir testé, je mettais le même temps en transport en commun qu’en vélo. Paris est une ville assez petite, il n’y a pas de problème vraiment pour l’utilisation de la petite reine et je suis ravi de pouvoir circuler en utilisant certains couloirs à vélo qui sécurisent l’utilisation de ce mode de transport. Auparavant encore, j’ai longtemps pratiqué le RER A, et pendant des années, la ligne 6 (saturée) et je comprends que l’on se lasse d’utiliser les transports en commun, j’ai même eu (peu de temps) une voiture qui m’a servi à perdre mon temps à l’Euromarché de Bercy ou au Carrefour d’Evry. J’ai travaillé à Noisy-le-Grand et j’ai pu y tester le trajet, assez sympathique, toujours en vélo. La montée sur Noisy et le manque d’équipement collectif des « hôtels d’entreprises » m’ont fait abandonner le projet de m’y rendre quotidiennement : des douches dans les entreprises, cela fait « ouvrier » et des ouvriers, on n’en veut plus... il est vrai que dans notre société, la sueur, fonction vitale, doit disparaître alors que la sortie des pots d’échappements à hauteur des bambins, cela ne gêne personne. Je pense que nous avons une responsabilité individuelle dans la lutte contre la pollution et s’en remettre toujours au politique me semble bien « français », en faire tenir pour responsable l’équipe municipale actuelle, c’est faire fi des politiques de la ville pratiquées depuis bien des années. Le pire étant pour les habitants de banlieue mais cela peut-il se régler avec la seule municipalité parisienne ? Un salarié sur cinq en France réside dans la Région Parisienne, est-il réaliste d’envisager la moindre politique d’investissement sur l’échelle de la région sans qu’il y ait une participation de celle-ci ? Imaginez que c’est seulement cette année que le Conseil Régional va pouvoir piloter la STIF (Société des Transports d’Ile de France) Mais quelle a été la politique de l’Etat pour la Région et ses habitants jusque-là, quels ont été les investissements dans le domaine du transport ?
Écrit par : Yves | 05 novembre 2005
Les couloirs de bus de Delanoë sont une catastrophe pour les parisiens. Ils sont issus d'une volonté à peine cachée de sanctionner les automobilistes et cela sans aucune concertation préalable.
Plus grave encore, ce plan d'urbanisation favorise les "petits-trajets" intra-parisien (bus) et pénalise les longues distances paris-banlieu (auto). Ainsi, chacun reste dans son quartier, on interdit paris aux banlieues, ainsi on augmente le communautarisme ce qui conduit justement à la monter de violence actuelle.
Merci Delanoë d'aggraver la situation.
Et pourquoi donc un tel engouement pour les bus, alors que le métro fonctionne bien mieux et sera toujours plus rapide... ne serait-ce du snobisme écolo-gaucho ?
Écrit par : Sinclair | 08 novembre 2005
COOL, voilà que les couloirs de bus sont une CATASTROPHE pour les PARISIENS... Lesquels??? Vous devez parler des Parisiens AUTOMOBILISTES, c'est vrai j'oubliais!!!... que 50% des ménages dans Paris n'ont pas de véhicules, que les personnes âgées, les personnes à mobilité réduite adooorent prendre le métro dont seules les principales stations permettent quelques commodités... Arrêter de regarder votre nombril et pensez aux autres... Il n'y a pas que le critère de rapidité dans la vie, vous vieillierez aussi, allez faire un tour dans le PC ou le 62 un de ces 4, cela vous éclairera mieux qu'un long discours...
Écrit par : Yves Ortega | 08 novembre 2005
En réponse à Yves Ortega :
Les automobilistes ne sont pas les seuls touchés, les embouteillages sont facteur de pollution sans parler des klaxons qui énervent tout le monde.
Justement ! Vous prétendez que 50% des ménages n'ont pas de voiture et ce n'est pas comme ça que ça va s'améliorer, croyez-moi ! :))
Pour reprendre ce sondage douteux de 50%, cela sous-entend que 50% des foyers sont sans voiture. Mais parmis ces 50% combien prennent le bus ? 10% 20% ?
Bref, on est bien là devant une minorité qui impose sa façon de penser. (Ce qui est encore plus vrai quand vous me parlez des personnes à mobilité réduite).
Mais ne nous battons pas sur des chiffres, regardons plutôt le fond où nous avons justement une volonté de changer PAR LA FORCE les habitudes des parisiens... est-ce une bonne méthode ?
Nos voisins de banlieue, automobiliste pour la plupart, ne peuvent plus venir dans la capitale.
Etes-vous d'accord pour cette ghettoïsation d'un Paris réservé aux riches ? C'est dommage de se refermer sur nous-même comme ça, car les parisiens non plus ne peuvent aller voir leurs amis en banlieue. En fin de compte c'est une politique très conservatrice/réac ... ce qui est amusant de la part du PS.
Allez, enterrons la hache de guerre entre piétons et autos.
Arrêtez votre croisade anti-voiture qui n'est PAS la source de tous les problèmes.
Je vous tends la main et je vous propose de réfléchir ensemble à une solution moins autoritaire et plus concertée entre parisiens... bref, une solution plus démocratique.
Écrit par : Sinclair | 08 novembre 2005
Quelques réflexions sur votre point de vue.
1°- Permettez-moi de penser que ce ne sont pas les embouteillages qui sont facteur de pollution mais plutôt les véhicules eux-mêmes : pour le moment, il ne me semble pas avoir entendu que ce qui sort des pots d'échappements à l'arrêt ou en circulation soit particulièrement sain pour l'ensemble de la population.
2°- Autre point qui me fait bondir, le Klaxon, attitude pitoyable d'une personne stressée qui va accélérer puis freiner d'un feu à l'autre: celui-ci est interdit en ville, il serait bien que quelques-uns repassent leur code. Il en va des automobilistes comme des fumeurs: une fois que l'on est accroc, on ne prend plus garde à son environnement.
3°-La banlieue, c’est vrai, quel grand dommage de ne pas pouvoir offrir plus de voies circulables pour traverser Paris. Le remarquable plan de déplacement urbain de M.Pompidou est tellement parfait : les entreprises à la Défense, les classes populaires dans le 93 et les voies sur berges pour que toutes les masses laborieuses puissent s’y déplacer. Il avait oublié que 30 années plus tard, pour que cela marche, c’est toute la Seine qu’il aurait fallu bétonner... Pourquoi pas, c’est une idée... Il faudrait aussi en parler aux habitants de Puteaux qui sont dans l’impossibilité totale de franchir ce mini périphérique qui entoure la Défense et qui est dédié au seul culte de l’automobile.
4°-Les personnes à mobilité réduite, belle minorité qui impose sa loi partout, c’est d’ailleurs dingue, elles représentent un lobby tellement puissant qu’on les voit partout dans nos entreprises, nos administrations... on aime tellement intégrer les minorités dans notre beau pays de France.
5°- Comme c’est dommage que les banlieusards ne viennent pas plus visiter la capitale, c’est affreux, bien sûr, c’est parce que le méchant M. Delanoë ne veut plus que l’on s’amuse avec des voitures dans Paris, ce n’est surtout pas parce que le prix du mètre carré a flambé, que les catégories les plus pauvres se retrouvent, au sein même de la capitale et à fortiori dans les banlieues dans des ghettos où les services publics sont clairsemés, débordés et que les entreprises privées n’y ont nul envie d’y accomplir un travail citoyen.
6°- Est-ce que l’on me FORCE à prendre mon vélo tous les jours ? Je ne crois pas, je ne crois d’ailleurs pas que l’on force les Parisiens. Pour ma part, c’est à la suite d’une réflexion, d’une rupture liée à la pollution, à la maladie que j’ai eu envie de changer les choses, pour moi et mes enfants, pour ne pas participer à la dégradation d’une situation très détériorée.
7°- Réfléchir ensemble, soit mais à quoi ? Pour moi, il est totalement impensable d’utiliser un véhicule à moteur autre que collectif. Je suis favorable à la mise en service de couloirs de bus à circulation inversée, en site protégé et à la diminution de tout ce qui peut-être voiture particulière dans Paris. Je revendique une politique REGIONALE des transports avec une augmentation et une modernisation de tous les transports collectifs, ce qui ne se fera certes pas en un jour mais c’est seulement en investissant dans l’extension et la modernisation de ces réseaux que l’on diminuera la pollution et que l’on améliorera la santé publique sur l’ensemble de la région Parisienne. Il va sans dire que cela provoquera forcément et pour de nombreuses années de nombreux embouteillages à l’intérieur comme à l’extérieur de la capitale. Pour ce qui est du débat démocratique, une Loi existe, elle a été initiée par un Maire (socialiste) de la capitale (cf:note de bas de page) , mais elle est mis à mal à Paris par une plus ancienne Loi, initiée elle, par Gaston Deferre (Loi P.L.M) qui bride à Paris, les prérogatives des Mairies d’arrondissement.
La loi du 27 février 2002, relative à la démocratie de proximité, définit un statut de l’élu local comportant un régime indemnitaire, de formation et de protection sociale et les limites de sa responsabilité juridique dans l’exercice de ses attributions. Elle confie aux collectivités des pouvoirs supplémentaires en matière économique, culturelle et de patrimoine. Cette loi crée, dans les communes de plus de 80 000 habitants, des conseils de quartier et permet l'ouverture de mairies annexes dans celles de plus de 100 000 habitants.
Écrit par : Yves Ortega | 08 novembre 2005
Je lis avec attention ces échanges de commentaires qui deviennent sulfureux... ce qui me conduit à réagir immédiatement à votre paragraphe 4, M. Ortega:
"4°-Les personnes à mobilité réduite, belle minorité qui impose sa loi partout, c’est d’ailleurs dingue, elles représentent un lobby tellement puissant qu’on les voit partout dans nos entreprises, nos administrations... on aime tellement intégrer les minorités dans notre beau pays de France."
Une minorité, certes... mais contrairement aux autres, celle ci a la particularité d'être physiquement différente. Cela sous entend d'avoir l'obligation de vivre dans un monde dont l'espace, l'aménagement, les échelles, la dimension... n'ont pas été conçus pour servir à des fauteuils roulants, des aveugles ou des sourds.
Pourtant, certains aménagements pensés en ce sens permettent à cette "minorité" de cohabiter paisiblement avec nous, citoyens alertes... sans nécessiter de modifier nos propres habitudes de vie.
Ce "lobby" comme vous dites, ne fait que désespérement réclamer quelques maigres adaptations de l'espace urbain pour que les personnes concernées puissent enfin être autonomes. Ce qui, au passage, coûte au final bien moins cher à la société que de payer des aides à la mobilité au coup par coup...
Ce "lobby" est tellement puissant qu'à l'heure actuelle, quasiment aucune station de métro n'est accessible aux handicapés. Que très peu de lignes de bus le sont, et que ce n'est pas en utilisant le RER que vous vous rendrez où vous le souhaitez... Ne parlons même pas des taxis. Les services spécialisés, eux, coûtent chers et leur nombre faible oblige les personnes à mobilité réduite à prévoir des trajets des jours à l'avance.
Ces difficultés interdisent à beaucoup de pouvoir exercer un travail, car bon gré, mal gré, sans avoir à invoquer une quelconque discrimation, il existe des employeurs prêts à embaucher des handicapés. Encore une fois, subventionner des personnes qui pourraient travailler coûte cher...
Bien que n'ayant aucun proche dans cette situation, je n'ai qu'à observer les quelques fauteuils roulants qui se démènent, comme ils peuvent, dans la rue. Leur situation me désole et reflète le retard considérable en france en ce domaine. Le manque inadmissible d'investissements traduit l'absence totale de prise de responsabilité des politiques locales depuis 15 ans - à droite... comme à gauche toujours à se gausser de faire du sociale.
Permettre à toute personne de bouger, tandis que son handicap est un frein à sa mobilité dans un espace urbain non conçu pour elle - moyennant quelques aménagements, cela fait partie du sociale.
A moins qu'il ne s'agisse d'un homonyme, au détour d'un forum, vous avez écrit "OUI à l'Europe (...), avec de vraies instances qui tiennent compte des citoyens". Nous parlons bien de TOUS les citoyens? Très belles paroles... à mettre en application.
Écrit par : Angelie | 09 novembre 2005
Bonjour Angélie,
Je suis totalement d'accord avec vous et suis désolé d'avoir été mal compris : je faisais de l'ironie par rapport à une phrase de Sinclair sur les minorités qui imposent leurs lois et que vous retrouverez un peu plus haut dans le blog:
"Bref, on est bien là devant une minorité qui impose sa façon de penser. (Ce qui est encore plus vrai quand vous me parlez des personnes à mobilité réduite)."
C'est par rapport à cette phrase que je réagissais, avec du second degré, il est vrai. Je suis donc tout à fait d'accord avec vous sur ce point et je soutiens le fait qu'une majorité doit tenir compte des minorités, des personnes à la marge et qu'effectivement, parfois, ces personnes doivent avoir encore plus, accès à la parole, à des services que la "majorité" des gens. Je ne renie donc en aucun cas, ce que j'ai écrit précédemment et qui ne me semble pas être en contradiction avec mes propos précédents, j’essaierai d’être plus explicite (mais c’est moins drôle).
Écrit par : Yves Ortega | 09 novembre 2005
Cher Yves (non ce n'est pas ironique :) j'ai pu paraitre vindicatif, mais je vous assure n'avoir aucune animosité pour personne),
Je vais recadrer mes propos qui ont peut-être paru tenir plus du militantisme anti-Delanoë que du débat écologique dont il est question dans ce blog.
Le but poursuivit par la mairie de Paris est extrèmement louable, j'ajouterai même un "ENFIN" au vue des nombreux années d'immobilité que nous avons vécue concernant les problèmes de pollution de notre capitale. Ceci dit, l'histoire l'a prouvé à maintes et maintes reprises, il y a une différence entre le but et la manière d'y arriver. Autant dans la majorité des cas, les buts se rapprochent d'idéaux incontestables, autant une mauvaise approche pour y arriver peut mener à un empirement de la situation.
C'est actuellement ce que je reproche à la politique anti-automobiliste de la mairie. Je reconnais que la circulation parisienne est un problème (pour de nombreuses raisons, pas uniquement du fait des parisiens) mais je prône pour l'éducation des automobilistes plutôt que pour leur "forcer" la main comme il se passe actuellement. Plutôt que de rendre la circulation encore plus difficile dans la capitale, il aurait fallu je pense améliorer la qualité des transports en commun ce qui aurait à coup sur motivé une bonne partie des automobilstes à se rendre sur leur lieu de travail via ces transports (et je ne parle pas des personnes à mobilité réduite, le sujet est bien la politique écologique de la mairie pas une critique des transports en commun). Cette amélioration aurait dû s'accompagner d'un débat concernant l'intégralité de la région d'île de France afin de réduire aussi le nombre d'automobilistes venant de la banlieue par manque de liaisons correctes, ou de lignes surchargées...
Vous prônez l'exemple du velo-cycliste, mais vous avez dit vous même que pour certains trajets il était pratiquement impossible de conserver ce moyen de transport. Ne croyez vous pas qu'en incitant les gens à utiliser les transports en commun (amélioration du service, renouveau des rames anté-diluviennes de certaines lignes), plutôt qu'en les "obligeant" cela aurait été mieux percu? Cette politique ne devrait pas être conduite uniquement par la mairie de paris, mais bien au niveau de la région.
Écrit par : Thibault | 09 novembre 2005
Pas de problème sur l'ensemble de vos propos, cela nécessite à la fois du temps, de la concertation et aussi une vraie collaboration entre la ville, la région et l'Etat. Avec les lois sur la décentralisation, il y a un désengagement de l'Etat sur une partie des dossiers qui concerne les plans de développement des transports urbains. Reste donc la Ville et la Région Ile de France, chance!!! les deux sont en phase depuis les régionales. Reste donc à suivre le déroulement du processus de concertation qui est en cours:
http://www.debatdeplacements.paris.fr/
En attendant les résultats concrets, je reste persuadé que la ville tente de "démocratiser" la démocratie par ce genre d'initiative.
Reste à savoir ce qui va rester de ces concertations mais, à ce jour, ne serait-ce que par ce que le principe de la concertation est établi, je ne peux qu’être satisfait par le tournant pris par l’Hôtel de Ville dans la mise en œuvre d’une politique participative vis à vis des Parisiens et des habitants de la Région Parisienne.
Écrit par : Yves Ortega | 09 novembre 2005
Je vien sde lire les commentaires, mais pourquoivouloir a tout prix supprimer la voiture? Non , ce n'est pas une provocation.
Mais deja passer d'une voiture "berline" a une citadine c'est bien (moins d'emprise). Passer du carburant à l'electrique "vert" ce serait top. Les suisses le font. Nous nous y mettrons donc ...danc 30 ans !
L'idée n'est pas de dire : aucune voiture mais honnetement ceux qui sont intra-muros devraient franchement revoir leurs habitudes. Les "routards" eux , peuvent peut-être faire un effort en s'equipant mieux (moins polluant).
Quant aux politiques de l'equipement du territoire : plus de ter, plus de liaisons directes banlieue a banlieue sans passer par le gros centre urbain ; cela accompagnerait une autre répartition géographique de la population et pourquoi pas une meilleure décentralisation (à toutes les échelles).
Écrit par : Marie | 11 novembre 2005
Il ne s'agit pas de supprimer la voiture en tant que telle mais d'en limiter les effets négatifs: pollution, bruit. Ce véhicule a une utilité certaine, il est évidemment obligatoire pour nombre d'entres nous, en banlieue, en Province. Mais nos villes, nos centres urbains, sont-ils dimensionnées pour ce type de véhicule? Que se passerait-il en région Parisienne, si tout un chacun ne circulait qu'en voiture individuelle? (ce qui se passe lorsque les transports collectifs sont immobilisés) La voiture, en tant que telle, polluante "ou propre" pour une ville comme Paris mais comme pour beaucoup de nos cités, n'est pas un moyen de transport "moderne" et n'est absolument pas "dimensionnée" pour nous transporter au coeur de nos cités. Ce qui doit être redimmensionné, ce sont les transports collectifs, pour permettrent au plus grand nombre de travailler, de circuler, dans de bonnes conditions de confort tout en assurant un facteur "énergie dépensée/individu transporté" bien plus économique.
Écrit par : Yves Ortega | 11 novembre 2005
La mairie se moque du monde en adoptant une politique perverse et dispendieuse pour rendre la vie impossible aux automobilistes memes dans les rues où nul ne passe.
J'ai voté contre Tiberi et son système maus c'est pire maintenant.
Je voterai contre Delanoe et son fascisme vert.
RESISTEZ !!!
Écrit par : ALDERIC | 17 février 2006
M Ortega : travaillez-vous à la mairie de Paris ? ou dans une entreprise de travaux publics ?
RESISTEZ AUX FASCISTES VERTS !!!
Écrit par : ALDERIC | 17 février 2006
Et allez, voilà maintenant le fascisme vert, c'est aussi excessif que lorsque la RATP "nous prend en otage"
Personnellement, je n'ai ni vécu le fascisme ni été pris en otage (et je ne l'espère pas) mais je ne pense pas que la politique menée à Paris puisse être considérée comme une politique fascisante. J’imagine aussi que dans 15 ou 20 ans quand vous-même ou vos proches seront atteints de maladies liées à la pollution qui ronge cette ville, vous vous retournerez vers ces mêmes pouvoirs publics qualifiés de fascistes... Vos propos sont irresponsables au regard de l’histoire.
P.S: Je ne travaille ni à la Mairie ni pour une entreprise de Travaux Publics, mais suis moi-même atteint par une maladie chronique liée à la pollution et je ne souhaite pour rien au monde que quiconque puisse être touché de la sorte. À bon entendeur, salut.
Écrit par : Yves Ortega | 17 février 2006
Bonjour,
Bravo pour votre note qui rejoint exactement ce que je pense et que j'ai relayée sur mon blog. Bravo aussi pour votre recherche et vos idées.
Je n'en parle pas sur mon blog, mais je travaille en banlieue. dans une zone industrielle horriblement mal desservie, dans un no men's land au milieu de cités et à l'opposé par rapport à chez moi. J'y ai un parking. Et ca m'a nettement incitée à prendre ce travail.
En effet, j'avais besoin de ma voiture essentiellement le WE pour aller en province ou chez mon ami habitant dans une zone où le RER le plus proche est à 1h de marche.
Voyant le nombre de PV accumulés la semaine - restriction du nombre de places d'où l'obligation de tourner pdt 40min avant de trouver une place en stationnement résidentiel - suppression des places gratuites - je me voyais dans l'obligation de prendre un parking loué env. 200e par mois minimum. J'ai préféré changer de travail pour éviter cette galère. certes, tous les matins, j'ai la galère des embouteillages. mais je suis bien, on ne me marche pas dessus, on ne me bouscule pas, on ne ressent pas l'animosité ambiante. On ressent aussi moins les soucis de grèves...
En plus soyons honnêtes, avec l'augmentation des tarifs à la SNCF, il est depuis qq années presque plus rentable de faire nos trajets en voiture plutôt qu'en train pour sortir de Paris!
Enfin pour ceux qui disent que Paris n'a pas été conçu pour y mettre des voitures, c'est le cas de nombreuses villes. Et à la base, l'homme n'a pas été conçu pour circuler en voiture, mais à pieds non? Alors, il faut arrêter avec ce genre d'arguments!!
Enfin, concernant les maladies liées à la pollution, on ne parle que de la pollution liée aux voitures particulières alors qu'elles sont pour il me semble moins de 4% de la pollution générée par nos technologies. L'industrie est un des premiers polluants, les poids lourds sont aussi de gros polluants. Il existe aussi d'autres solutions pour ceux-làs! Mais on n'en parle pas. On ne pense qu'aux voitures!
Enfin, dans le cadre des maladies, ma mère est atteinte d'une maladie liée au modernisme. Ses bêtes noires? les scooters, motos, trains, métros et autres imaginez qu'elle ne peut absolument pas prendre le moindre métro ou attendre un bus pendant 3 plombes ni même se promener à pied en ville ou aller dans un supermarché. Bref chacun voit midi à sa porte!
Honnêtement la ville de Paris se fiche de nous. Elle ne propose aucune solution permettant décemment d'abandonner sa voiture. Vous avez une voiture? Vous devez payer et c'est tout!! A Louvain la neuve en Belgique, tous les parkings sont GRATUITS, et je vous garantis que personne ne circule en voiture. Un vrai modèle écologique! A helsinki, il y a partout dans la ville des vélos gratuits à dispo sur des bornes spéciales. On met une pièce - comme dans les caddies - et quand on n'a plus besoin du vélo, on le pose à une borne. N'importe laquelle. A Cologne, ce sont les piétons qui font souvent la place belle aux vélos et non les voitures, comme aux abords du métro aérien, alors qu'il aurait fallu de mettre les pistes cyclables le long du métro sur les trottoirs inutilisés et on aurait gardé les 2 voies de cirulation au lieu de se retrouver avec des bouchons en série!
En plus, c'est moins coûteux de re-penser des trottoirs très larges en mettant 2 secteurs distincts, séparés par des lignes blanches, plutôt que de tout casser et reconstruire. En + l'avantage de mettre les vélos sur les trottoirs serait moins dangereux. Vélos & piétons pourraient se voir de + loin alors que séparés, les uns et les autres ne font pas attention. Encore hier, j'ai vu une femme qui a failli se faire renverser par un vélo roulant à bonne allure... parce qu'ils ne font pas tous attention aux piétons!
Bref... j'arrête!
Écrit par : sandra | 17 janvier 2007
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