16 novembre 2005

Environnement et Conférences

815 € pour les entreprises – 385 € pour les particuliers et les associations.

Voici donc les prix du billet d'entrée au 3ème Forum Mondial du Développement Durable (du 1 au 3 décembre). Quel étudiant, quelle petite association, quel petit bureau d'étude peut se payer ce luxe? Le dernier colloque sur la biodiversité qui s'est déroulé à l'Unesco en janvier dernier tournait lui aussi autour des 400 € pour l'inscription des particuliers (avec un tarif chômeur/étudiant dépassant les 150 €, y compris pour n'assister qu'à un atelier). Ces prix pratiqués ne sont pas l'apanage des conférences et autres colloques liés à l'environnement. Mais contrairement à d'autres domaines, l'environnement touche tout le monde: des élus aux habitants, des petites PME aux multinationales, des scientifiques aux industriels, des associations aux lycéens (largement en âge de comprendre certains enjeux clefs), tous sont acteurs du développement durable, de la préservation de l'environnement et des ressources naturelles.

Un bon colloque traitant de questions générales comme ce Forum Mondial se devrait donc de permettre à tous ces acteurs de pouvoir participer et s'exprimer. Or, dans la réalité, seule une minorité a un droit de regard et de parole. Toutes ces conférences tournent en rond car les invités sont toujours les mêmes: quelques politiques des principaux partis ou ayant la faveur des médias (comme l’intérêt porté à Olivier Besancenot plutôt qu’à Corine Lepage dont les scores de Cap 21 aux élections sont pourtant équivalents, voire supérieurs à ceux de la LCR...), quelques associations phares (comme 4D, certes très active dans le domaine du développement durable, mais c'est loin d'être la seule) et enfin, quelques personnalités hyper médiatisées (les chercheurs prix Nobel, ceux qui écrivent 50 bouquins, les aventuriers du bout du monde, etc).

Comme les droits d’accès sont exorbitants, on retrouve donc aussi toujours les mêmes participants : des élus (généralement à la tête de grosses collectivités ou de grandes villes), des représentations de l’Etat (Ministères, Directions régionales, départementales…), de larges ONG (type WWF ou Greenpeace), des grands centres de recherche (ex. CNRS), des grands groupes ou multinationales (Veolia, Vivendi, EDF...), des institutions (ex. Communauté Européenne) et quelques riches consultants (ou certains désespérés) en quête de mises à jour de leur carnet d'adresses.

Car c'est bien souvent de cela dont il s'agit. Un colloque n'est pas avant tout un lieu d'échange des dernières trouvailles dans le domaine de l'environnement (hormis quelques exceptions comme le Salon Pollutec aux nombreuses conférences, facilement accessible pour une somme abordable, voire gratuitement). Pour vous informer, nul besoin de sortir 400 € de votre poche: entre internet, la presse spécialisée, les quotidiens, les livres... vous croulerez vite sous des tonnes d'infos! Par contre, toutes ces conférences sont le lieu privilégié des rencontres dans les couloirs, d'échanges de cartes de visite, d'ébauches de nouvelles stratégies, de projets et de débuts d'alliances.

Cependant, cela reste un bon coup de pub pour distiller votre savoir-faire, votre expertise, faire valoir votre dynamisme (pour une région, par exemple) et vos grandes idées. Aïe. "Grandes idées"… émanant d’un groupe très restreint : voilà le plus gros problème, directement lié à l’organisation de ces conférences par des spécialistes de l’évènementiel. En gros, pour être reconnu sur le plan national ou international, il faut attirer du beau monde. Et pour attirer celui-ci, il faut des people. Musique, cinéma, télé ou développement durable, c'est le même esprit... Tout cela a un prix bien trop élevé, interdisant une variété de participants qui pourraient venir enrichir les débats.

Ce sont donc toujours les mêmes qui parlent et toujours les mêmes idées qui circulent. Même si une petite poignée d'intervenants viennent parler d'une initiative locale, c'est largement insuffisant. Or, en matière d'environnement, toutes les clefs et les solutions sont là, quelque part dans le monde... Mais il n'existe pas encore d'ingénieurs pour assembler les engrenages et franchement lancer la machine. Et tant que les colloques ne rassembleront toujours que les mêmes acteurs, jamais il ne sera possible de faire un tour d'horizon complet, alors même que cela pourrait être un formidable outil diffuseur d'idées.

Sources:
- Bulletin d'inscription au Forum Développement Durable
- Salon Pollutec, du 29 nov. au 2 décembre.

Je suis encore là...

Ce blog n'est pas mort... si, si... Je n'ai pas cesser de râler, mais littéralement happée par le temps, je me suis contentée bien malgré moi de rouspéter oralement. J'ai tout de même pris le temps de répondre à certains commentaires mais je commençais à me sentir frustrée de ne plus mettre d'articles en ligne... Je vais donc essayer de coucher mes critiques sur le papier... pardon, sur l'écran plus régulièrement.

19 septembre 2005

L'environnement en route

Bonjour à tous,

Les plus fidèles d'entre vous auront remarqué que ce blog est un peu silencieux ces temps ci... me serais-je donc rangée, cessant de me rebeller après un système immuable, fidèle à sa léthargie? Mes neurones auraient-ils été lobotomisés par d'obscures membres d'une secte conformiste?

Que nenni! Ce blog vit toujours, il a juste un peu hiberné ces temps ci... 

En effet, j'ai été particulièrement absorbée par mon travail... et le peu de temps qu'il me restait, je l'ai consacré à mon autre blog, "Un Geste par Jour pour l'Environnement" qui, au passage, marche très fort et je reçois de nombreux soutiens. Cependant, je ne tiens pas à délaisser ce blog, mais comme par manque de temps, je suis condamnée à choisir entre râler "gratuitement" et tâcher d'apporter des solutions pour l'environnement, j'ai opté pour le concret...

Mais je vous dis à bientôt!